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Biographe (assemblee-nationale) |
Mohamed BENDJELLOUL
BENDJELLOUL (Mohamed Salah)
Né le 8 décembre 1893 à Constantine (Algérie)
Décédé le 1er mai 1985
Membre de la première Assemblée nationale
constituante (Constantine)
Conseiller de la République de Constantine de
1946 à 1948
Député de Constantine de 1951 à 1955
Mohamed Salah Bendjelloul est né le 8 décembre
1893 à Constantine (département de Constantine, Algérie) dans une
ancienne famille de magistrats et d'administrateurs.
Il effectue des études de médecine, passe le
doctorat et entre comme interne aux hôpitaux d'Alger. Dans le même
temps, Mohamed Salah Bendjelloul est préparateur à la Faculté de
médecine d'Alger. Il est tout particulièrement actif dans le domaine
de la pédiatrie et de la médecine tropicale et crée, en 1926, la
consultation aux mères et aux nourrissons à Arris (Aurès), en 1927
celle d'Herbillon (près de Bône) et, en 1935, celle de Constantine. Il
est également fondateur de la société indigène de prévoyance de
Constantine pour l'agriculture (1935) et pour l'artisanat (1938).
Mohamed Salah Bendjelloul recevra notamment la médaille d'or des
épidémies, et sera médecin de la santé publique.
Ses préoccupations médicales et sanitaires
attirent tout naturellement Mohamed Salah Bendjelloul vers les
affaires publiques. Il est conseiller municipal d'Herbillon, localité
côtière située entre Bône et Philippeville (Algérie), de 1928 à 1935,
puis, à cette date, conseiller municipal de Constantine et adjoint au
maire de la ville (jusqu'en 1945). A ce titre, il est notamment
président de la "Maison familiale de Constantine", société de gestion
d'HBM (Habitations à bon marché).
Mohamed Salah Bendjelloul est élu conseiller
général de Constantine en 1931. Il sera, en 1949, premier
vice-président du conseil général (jusqu'en 1951).
Ces responsabilités locales amènent rapidement
Mohamed Salah Bendjelloul à briguer des charges sur le plan national.
Il préside, en 1928, la "Fédération des élus", travaillant à
l'assimilation de l'Algérie à la France, et y est notamment secondé
par Ferhat Abbas. En 1931, Bendjelloul définit son programme d'action
: droit de citoyenneté pour les Musulmans algériens, représentation
parlementaire des Musulmans, reconnaissance de l'arabe comme deuxième
langue officielle. Il est, à partir de 1935, délégué pour les affaires
financières à l'Assemblée algérienne et préside, en juin 1936, le
Congrès musulman algérien soutenant le projet Blum-Violette.
L'échec de celui-ci ferme pour partie la voie
des réformes en Algérie et fait que le mouvement revendicatif tend
davantage à échapper aux modérés. Bendjelloul sera engagé volontaire
en septembre 1939.
Ses activités dans le domaine public et
l'importance de son rôle avant la guerre, expliquent que Mohamed Salah
Bendjelloul fasse partie de l'Assemblée Consultative d'Alger, puis de
Paris, de 1943 à 1945. II y est nommé membre des commissions des
finances (1943-1944), de la France d'outre-mer (1945), de l'intérieur
et de la santé publique (1945), et de celle de coordination des
affaires musulmanes (1945). Outre le rapport sur le budget du
Commissariat au ravitaillement et à la production, il dépose quatre
textes parlementaires, dont une proposition de résolution, le 7 mai
1945, de-mandant à ce que l'on enquête en profondeur sur les
"événements tragiques dont l'Algérie a été récemment le théâtre". Il
intervient en outre à plusieurs reprises dans les discussions
parlementaires, en particulier sur les problèmes relatifs à la marine
marchande.
Mohamed-Salah Bendjelloul avait été cosignataire
du manifeste du Peuple algérien de Ferhat Abbas (12 février 1943).
Il se présente aux élections à la première
Assemblée nationale Constituante (21 octobre 1945), comme tête de
liste de l'Union démocratique franco-musulmane, devant le collège des
Français musulmans du département de Constantine et du territoire de
Touggourt. Avec 192 545 voix sur 293 083 suffrages exprimés (mais 586
322 inscrits), la liste obtient quatre des six sièges à pourvoir.
Au sein de la nouvelle Assemblée, il est nommé
membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de
l'administration générale, départementale et communale (1945), ainsi
que de la Commission du ravitaillement (1946). Parlementaire actif, il
dépose notamment quatre propositions de loi ou de résolution
importantes : le 30 novembre 1945, pour amnistier les personnes
condamnées en Algérie pour certains faits politiques ; le 7 février
1946, pour établir la Constitution de l'Algérie, et l'inclure dans
celle de la République française ; le 30 mars 1946, pour nationaliser
la Banque d'Algérie, la Compagnie algérienne et le Crédit foncier
d'Algérie et de Tunisie ; le 30 mars 1946, pour exproprier d'urgence
les propriétés rurales sises en Algérie et comptant plus de 500
hectares.
Mohamed-Salah Bendjelloul ne se représente pas
aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée Nationale
Constituante, ni à celles du 10 novembre 1946. En revanche, il est élu
conseiller de la République de Constantine, le 8 décembre 1946, son
mandat expirant le 30 novembre 1948.
Le 17 juin 1951, Mohamed-Salah Bendjelloul
conduit la liste des Républicains indépendants aux élections pour la
seconde législature, devant le deuxième collège du département de
Constantine (2e circonscription). Avec 109 731 voix sur 147 232
suffrages exprimés (219 809 électeurs inscrits), il est élu député de
Constantine, sa liste emportant d'autre part les trois sièges à
pourvoir.
Inscrit comme apparenté ARS, il est à nouveau
nommé membre de plusieurs commissions : justice et législation (1951 à
1953), intérieur (1952 à 1955), pensions (1954-1955). Intéressé par
les problèmes d'éducation, il dépose, le 24 août 1951, une proposition
de loi tendant à étendre à l'Algérie les dispositions prises en
métro-pole en faveur de l'enseignement privé. Mais, surtout, il
intervient très largement dans les discussions relatives aux questions
algériennes. Mohamed Salah Bendjelloul vote pour la ratification du
traité de Paris sur la CECA (13 décembre 1951), et pour l'ordre du
jour gouvernemental lors du débat sur l'Indochine (27 octobre 1953).
Mais les problèmes algériens tendent à prendre
une importance croissante dans les débats et le travail
parlementaires. Lors de la deuxième séance du 10 août 1954,
Mohamed-Salah Bendjelloul intervient pour sou-tenir la politique de
Pierre Mendès France, et lance à la Chambre une "mise en garde
solennelle "au nom de l'Islam, invoquant le prestige de la France,
"tombé à zéro parmi les populations musulmanes nord-africaines". Ayant
déposé une demande d'interpellation, le 5 novembre 1954, sur la
politique algérienne du gouvernement, il revient, dans la séance du 12
novembre, sur la situation dans les départements algériens, et
notamment les "événements sanglants" de l'Aurès : " Nous nous
inclinons avec une profonde douleur devant les victimes de ces odieux
attentats, devant ce jeune couple d'instituteurs venu de France en
plein cœur de l'Aurès dégrossir l'esprit de nos petits campagnards,
devant ce caïd que nous avons connu et aimé, qui est mort victime de
son courage et de son civisme". Il revient sur l'échec du projet
Blum-Violette, qui aurait permis d'éviter les troubles. II faut
accorder à tous " la citoyenneté française, avec évidemment les droits
et les devoirs qu'elle confère (...), maintenir au citoyen français et
musulman le droit de garder son statut personnel coranique, et de
conserver la langue arabe devenue deuxième langue officielle... ". Il
commente la déclaration du ministre de l'intérieur ("l'Algérie, c'est
la France"), en déclarant que de très gros efforts doivent être encore
faits pour que cette formule corresponde à une réalité, notamment dans
le domaine social ("les sans-travail sont légion en Algérie") et
conclut en ces termes : "L'Algérie est française (...). Faites donc en
sorte qu'elle le demeure (...). Les renforts, ce sont les
réformes... ".
Bendjelloul vote la confiance au gouvernement
Mendès France, lors du débat sur sa politique en Algérie (10 décembre
1954).
Revenant sur la question algérienne, il déclare,
dans la deuxième séance du 4 février 1955 : " il n'y a pas d'autre
terme à l'évolution de l'Algérie que l'autonomie (...) ou
l'assimilation totale (...). Nous sommes, nous, partisans des réformes
qui conduiront à l'assimilation de l'Algérie et de la métropole... ".
Il intervient encore dans la discussion du projet de loi relatif à
l'instauration de l'état d'urgence (30 mars 1955), proposant plusieurs
amendements. Il vote contre la loi sur l'état d'urgence (31 mars
1955). Enfin, il intervient lors de la discussion du projet de loi
relatif à l'élection des députés, déposant notamment un amendement
pour supprimer l'article 6, qui prévoyait le déroulement des élections
en Algérie cinq semaines après la levée de l'état d'urgence.
Mohamed Salah Bendjelloul est président de la
Fédération des élus musulmans, et, à ce titre, promoteur actif d'une
politique d'entente franco-musulmane. En 1955, il est d'autre part
président du "Groupe des 61", qui vise à soutenir l'idée nationale
algérienne. A la suite des massacres de Philippeville, le Gouverneur
Jacques Soustelle reporte les élections de 1956 dans les départements
algériens, et Mohamed Salah Bendjelloul ne se représente donc pas. |